Visite accompagnée

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L’été en Côte fleurie.
Chaque mardi après-midi, le passionné d’histoire, Gérard Laéron, est au rendez-vous pour commenter une visite de la Batterie dont il connaît tous les secrets.

Plus de 50 visiteurs sont à l’écoute. Devant eux, se trouve Gérard Laéron. Il connaît les moindres recoins de la Batterie, célèbre site qui retrace l’histoire du Débarquement, notamment de la nuit du 5 au 6 juin 1944 dans un parcours pédagogique.
Chaque mardi après-midi, ce passionné d’histoire effectue la visite guidée. Il retrace d’abord l’histoire du mythique avion, le C-47. Le 6 juin 1944, ce sont 821 de ces avions qui ont participés aux opérations aéroportées au-dessus du Cotentin, lors de l’opération Neptune.
Abandonné sur un aérodrome en Bosnie-Herzégovine, des bénévoles sont partis chercher un de ces avions. Il a fallu le désosser, le charger sur un camion convoi et le ramener en Normandie… Une réelle épopée. Des centaines de personnes se sont mobilisées ensuite pour qu’il soit fin prêt le jour des cérémonies du D-Day, en 2008.

Le C-47 est le seul qui se visite en France
« Ces Dakota étaient surnommés les trains de l’air. Ils pouvaient contenir deux jeeps, mais aussi du plasma pour les blessés. Les bandes blanches sont un signe de reconnaissance pour les alliés… », indique le passionné. Autant
de petites phrases qui font le sel du commentaire : « C’est le seul Dakota que l’on peut visiter en France. Son aménagement intérieur sommaire est d’époque. L’ensemble du matériel a été recueilli ici et là, dans le monde entier. » Classé monument historique en 2014, cet avion est entretenu par le musée et ne bénéficie pas de subvention. « C’est grâce au public qu’on peut l’entretenir, et c’est très bien comme ça », affirme le guide.

Les hommes du colonel Otway, aux commandes cette nuit du 5 au 6 juin, ont une grande place dans l’histoire du site. Le largage, au plus près du fleuve de la Dives, a causé d’importants dégâts. Seuls 150 hommes étaient au rendez-vous sur les 750 prévus… Il en restera la moitié au matin du 6 juin.

Gérard Laéron évoque aussi l’importance des chiens et des pigeons. Glen, chien d’Émile Corteil, est d’ailleurs enterré avec lui au cimetière militaire de Ranville. Il rappelle aussi l’histoire du pigeon, appelé Duc de Normandie, qui avait indiqué aux alliés que la Batterie était prise. « Nous avons un ferry appelé le Duc de Normandie… Voilà l’explication de son nom », souligne-t-il sur un ton facétieux qui lui va si bien.

Texte Ouest-France
Photo Batterie de Merville