Le Sergent Sidney CAPON est décédé le 09 Septembre 2006 dans sa 82ème année.
Voilà ce que déclara Pascaline Dagorn, Directrice du Musée de la Batterie de Merville, lorsqu’elle apprit le décès de Sidney Capon :
« Je viens de perdre un Ami très cher. Mon fils Gaëtan (8 ans) lui aussi vient de perdre un Ami d’exception. Ils se voyaient chaque année, s’écrivaient et se faisaient même des cadeaux tant la complicité qui les unissait était grande. Pour Gaëtan, Sid restera le plus grand de ses héros. Sid manquera aussi énormément au cercle de ses amis en Normandie. »
Pascaline Dagorn continua en évoquant des souvenirs :
« Voilà ce que Sid nous disait :
« Vous me voyez maintenant un vieil homme au crâne dégarni et embonpoint, mais j’étais un jeune homme sportif lorsque je fus appelé pour servir mon pays. » Il n’avait effectivement que 18 ans. »
« Sidney ou Sid comme l’appelaient tous ses amis, a participé à l’attaque de la Batterie de Merville.
Sa mission était de neutraliser la casemate n°1. Non plus avec 32 hommes comme prévu mais seulement 7 : Le Lieutenant Alan Jefferson, le Sgt Bedford, Delsignore, Harold Walker, Leslie Cartwright, Tom Stroud et lui-même. »
Voilà ce qu’écrivit Sidney Capon :
« L’ordre « ENTREZ, ENTREZ ! » (GET IN, GET IN!) fut lancé par le Lieutenant-Colonel Terence Otway qui était avec nous.
Immédiatement le Lieutenant Jefferson s’écroula, blessé.
Nous avons continué de courir en zigzag sur le sol bouleversé, vers la casemate n°1.
Nous avions l’impression de courir au milieu du tir ennemi.
J’arrivais de l’autre côté de la casemate et près de moi, il y avait Eric Bedford, Frank Delsignore , Harold Walker, les quatre hommes qui arrivèrent jusque là.
Nous jetâmes deux grenades à l’intérieur et les allemands sortirent de la salle à gauche du corridor pour évacuer vers l’extérieur de la casemate par la porte.
Pendant l’attaque j’avais entendu des explosions et des cris vers la casemate n°2 : « MINES, MINES ! ». Je n’ai pas revu le Lieutenant Mike Dowling, il avait été tué… »
Voici maintenant un bref résumé de sa biographie qu’il rédigea et confia à Pascaline Dagorn :
Après la neutralisation de la Batterie de Merville à l’aube du 6 juin, il partit avec les survivants du 9ème Bataillon en direction d’Amfréville.
Dès le 7 juin, il participa aux sanglants combats du Château-St-Côme.
Le 24 juillet il fut blessé dans le Bois-de-Bavent et dut passer huit semaines à l’hôpital en Angleterre.
Toujours volontaire, il repartit rejoindre son Bataillon dans les Ardennes.
En 1945, après la traversé du Rhin et la rencontre avec les Russes sur la Baltique, il fut envoyé aux Indes pour apprendre le combat dans la jungle. Mais la bombe atomique mit un terme à cet entraînement.
Dans le même temps le 9ème Bataillon avait été envoyé en Palestine. Bien sûr, après son séjour aux Indes, il les rejoindra sans tarder.
A son arrivée on lui proposa de devenir officier, mais il refusera l’offre.
En 1946 Sidney CAPON retourna à la vie civile.